El Viejo Puerto de Marsella reúne veleros, muelles, cafés y rutas abiertas hacia otras orillas. Esta evocación bilingüe recorre el puerto a través de su luz mediterránea, el movimiento del mar y la memoria de las antiguas travesías.
Una bahía hecha de luz y memoria
Innumerables embarcaciones muestran su níveo acastillaje al compás del dócil y suave movimiento de las olas. Los mástiles enhiestos se mecen y proyectan su verticalidad trémula y sinuosa sobre unas aguas azules, oníricas e impecables, que parecen hechas de finísimo cristal.
Las cubiertas barnizadas de los viejos veleros transmiten la nostalgia y la melancolía de sus lejanas singladuras. Invitan a soñar despiertos con paraísos ultramarinos situados más allá del trópico de Cáncer, en las remotas antípodas, o con intrépidas aventuras en los confines australes de los cabos de Buena Esperanza y de Hornos.
Desde cualquiera de los ángulos desde los que se contemple esta bahía, se percibe de inmediato que la belleza del Mediterráneo, en su dimensión más amplia, está presente de forma privilegiada. Basta observar la luminosidad diáfana y vibrante que envuelve de magia cada instante.
Cada ínfima gota de agua parece refulgir infinitas veces, desde el amanecer temprano hasta el ocaso. Sobre las embarcaciones, las gaviotas dibujan un vuelo acrobático y después planean con serenidad sobre las cofas.
Al recorrer los extensos muelles que rodean el Viejo Puerto, junto a los pantalanes de madera, aparecen hermosos edificios que trasladan al viajero a las grandes épocas decimonónicas. Surgen teatros de ópera cuyo antiguo glamur convive hoy con elegantes lonjas de mercaderes transformadas por el paso del tiempo.
También están los viejos cafés, impregnados por el inconfundible aroma anisado del pastis. Su color ambarino se confunde con la claridad dorada que parece no abandonar nunca esta ciudad del mediodía francés.
Al elevar la mirada hacia el horizonte marino, se distinguen las estelas blancas de los ferris que parten hacia Ajaccio, Porto-Vecchio o Bastia. Son rumbos trazados fugazmente sobre el agua, huellas efímeras que las veleidosas brisas del mistral se encargan de borrar.
Esos rastros volverán a aparecer cada vez que una embarcación se haga de nuevo a la mar.
Le Vieux-Port de Marseille
Le Vieux-Port de Marseille rassemble voiliers, quais, cafés et routes ouvertes vers d’autres rivages. Cette évocation bilingue parcourt le port à travers sa lumière méditerranéenne, le mouvement de la mer et la mémoire des anciennes traversées.
De nombreuses embarcations dévoilent leurs superstructures immaculées au rythme du mouvement doux et docile des vagues. Les mâts dressés se balancent et projettent leur verticalité tremblante et sinueuse sur des eaux bleues, irréelles et limpides, qui semblent faites d’un cristal très fin.
Les ponts vernis des vieux voiliers expriment la nostalgie et la mélancolie de leurs lointaines traversées. Ils invitent à rêver de paradis d’outre-mer situés au-delà du tropique du Cancer, aux antipodes lointaines, ou d’aventures intrépides aux confins australs des caps de Bonne-Espérance et Horn.
Quel que soit l’endroit d’où l’on contemple cette baie, on perçoit aussitôt que la beauté de la Méditerranée, dans toute son ampleur, habite ce lieu de manière privilégiée. Il suffit d’observer la lumière claire et vibrante qui enveloppe chaque instant d’une présence presque magique.
Chaque goutte d’eau semble scintiller à l’infini, depuis les premières lueurs de l’aube jusqu’au coucher du soleil. Au-dessus des bateaux, les mouettes dessinent un vol acrobatique avant de planer avec lenteur et sérénité.
En parcourant les longs quais qui entourent le Vieux-Port, près des pontons de bois, on découvre de beaux édifices qui ramènent le voyageur aux grandes heures du XIXe siècle. Des théâtres d’opéra au charme ancien côtoient d’élégantes halles marchandes transformées par le temps.
On retrouve aussi les vieux cafés, imprégnés de l’inimitable parfum anisé du pastis. Leur teinte ambrée se confond avec la lumière dorée qui semble ne jamais quitter cette merveilleuse ville du Midi.
En levant les yeux vers l’horizon marin, on distingue les sillages blancs des ferries qui partent vers Ajaccio, Porto-Vecchio ou Bastia. Ce sont des routes fugitivement tracées sur la mer, des empreintes éphémères que les brises changeantes du mistral finissent par effacer.
Ces traces réapparaîtront chaque fois qu’un bateau reprendra la mer.

